{"id":4517,"date":"2023-02-10T18:09:33","date_gmt":"2023-02-10T17:09:33","guid":{"rendered":"https:\/\/liuto-forte.de\/?page_id=4517"},"modified":"2023-06-13T09:31:57","modified_gmt":"2023-06-13T07:31:57","slug":"weniger-ist-mehr-grenzen-und-aussichten-der-klassischen-gitarre","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/willkommen\/laute-und-gitarre-ein-dilemma\/weniger-ist-mehr-grenzen-und-aussichten-der-klassischen-gitarre\/","title":{"rendered":"Weniger ist mehr \u2013 Grenzen und Aussichten der klassischen Gitarre"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section fb_built=\u00a0\u00bb1&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_row column_structure=\u00a0\u00bb1_4,3_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; background_size=\u00a0\u00bbinitial\u00a0\u00bb background_position=\u00a0\u00bbtop_left\u00a0\u00bb background_repeat=\u00a0\u00bbrepeat\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb1_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; custom_padding=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb custom_padding__hover=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb][et_pb_sidebar area=\u00a0\u00bbet_pb_widget_area_3&Prime; admin_label=\u00a0\u00bbSeitenleiste: \u00dcber den LF\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; body_line_height=\u00a0\u00bb1.5em\u00a0\u00bb saved_tabs=\u00a0\u00bball\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][\/et_pb_sidebar][\/et_pb_column][et_pb_column type=\u00a0\u00bb3_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.16&Prime; custom_padding=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb custom_padding__hover=\u00a0\u00bb|||\u00a0\u00bb][et_pb_text admin_label=\u00a0\u00bbWeniger ist mehr \u2013 Grenzen und Aussichten der klassischen Gitarre\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb4.21.0&Prime; hover_enabled=\u00a0\u00bb0&Prime; global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb sticky_enabled=\u00a0\u00bb0&Prime;]<\/p>\n<h1 class=\"entry-title\">Moins, c\u2019est plus \u2013 Limites et perspectives de la guitare classique<\/h1>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-1434\" src=\"https:\/\/liuto-forte.de\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Julian_Bream_1964-243x300.jpg\" alt=\"\" width=\"243\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/liuto-forte.de\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Julian_Bream_1964-243x300.jpg 243w, https:\/\/liuto-forte.de\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Julian_Bream_1964.jpg 742w\" sizes=\"(max-width: 243px) 100vw, 243px\" \/>Pour le dire tout net : j\u2019aime le son chaud et sombre de la guitare \u00ab classique \u00bb.<\/p>\n<p>Rien que le film de Julian Bream \u00ab Guitar in Spain \u00bb suffirait pour moi \u00e0 lui assurer pour toujours une place parmi les plus beaux instruments de l\u2019Occident. Pourtant on ne peut nier que l\u2019\u00e9toile de cet instrument dans le domaine de la musique classique est depuis longtemps sur le d\u00e9clin <a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/eduardo-fernandez\/\">(voir aussi l\u2019interview d\u2019Eduardo Fern\u00e1ndez)<\/a>. Certains rendent responsable de ce d\u00e9clin le narcissisme grandissant des guitaristes qui se r\u00e9percute dans l\u2019affadissement du choix des programmes. D\u2019autres pr\u00e9sument que le son par trop voil\u00e9 et charg\u00e9 de basses de la guitare classique elle-m\u00eame passe peu \u00e0 peu de mode, semblable aux parfums lourds que portaient nos grand-m\u00e8res.<\/p>\n<p>Personnellement, je crois que chaque instrument de musique poss\u00e8de une beaut\u00e9 qui lui est propre et qui transcende le temps, \u00e0 condition de lui laisser ses limites naturelles et de ne pas exiger de lui ce qui est incompatible avec son caract\u00e8re sonore et ses possibilit\u00e9s. Il me semble que les fluctuations de popularit\u00e9 dont jouit la guitare r\u00e9sultent du respect ou du non-respect de ces limites. Parlons donc un peu de la condition de cet instrument.<\/p>\n<p>La guitare doit son ascension, au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, au vide laiss\u00e9 par la disparition du luth de la vie musicale europ\u00e9enne. Elle n\u2019est pas responsable de la d\u00e9cadence du luth, pas plus qu\u2019elle ne l\u2019a \u00e9cart\u00e9 ou m\u00eame remplac\u00e9. D\u00e8s le d\u00e9but elle n\u2019a pas su combler le manque qu\u2019a laiss\u00e9 la disparition de l\u2019archiluth et du th\u00e9orbe dans les ensembles, ni transmettre l\u2019immense h\u00e9ritage de la musique pour luth seul. Certes sa sonorit\u00e9 douce flattait l\u2019oreille, mais ne pouvait consoler l\u2019auditeur exigeant de la perte qu\u2019avait subie la musique par l\u2019extinction d\u2019une vieille famille d\u2019instruments dans ses formes et ses possibilit\u00e9s multiples.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019int\u00e9gration naturelle des instruments \u00e0 cordes pinc\u00e9es, tels que luth, archiluth et th\u00e9orbe, dans la musique de chambre et dans la musique orchestrale a donn\u00e9 une place reconnue \u00e0 ces instruments et un statut social \u00e0 leurs interpr\u00e8tes. A leur place est apparue au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle la profession de guitaristes virtuoses faisant des tourn\u00e9es qui enthousiasmaient un public essentiellement bourgeois avec leurs \u0153uvres de valeur in\u00e9gale et leurs arrangements audacieux. Sans doute la raison principale du ravissement \u00e9tait-elle due \u00e0 la sonorit\u00e9 de la nouvelle guitare, qui se distinguait des luths, non tant par le volume que par une douceur, un cantabile et une palette sonore nettement sup\u00e9rieurs. Toutefois il y avait l\u00e0 un risque de jouer de son propre charme au d\u00e9triment de la substance musicale. Des amoureux plus s\u00e9rieux du son de la guitare, comme par exemple Fernando Sor, ont d\u00e9plor\u00e9 non sans raison que les \u00e9diteurs qui suivaient ce courant n\u2019\u00e9taient que trop pr\u00eats \u00e0 favoriser l\u2019affadissement du r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p>Si l\u2019on met de c\u00f4t\u00e9 les nouvelles conqu\u00eates sonores de la guitare du d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, l\u2019ascension d\u2019un instrument \u00e0 six cordes pinc\u00e9es accord\u00e9 par quartes, cinquante ans seulement apr\u00e8s la disparition de Sylvius Leopold Weiss, est un \u00e9tonnant anachronisme. Celui-ci s\u2019explique sans doute moins par le raisonnement musical que par les pr\u00e9f\u00e9rences d\u2019amateurs de chant, auxquels tenait tout particuli\u00e8rement \u00e0 c\u0153ur la possibilit\u00e9 d\u2019 \u00ab accords gratt\u00e9s \u00bb sur toutes les cordes. D\u2019une certaine mani\u00e8re cette \u00e9volution s\u2019\u00e9tait impos\u00e9e d\u00e8s la seconde moiti\u00e9 du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par la mandore, instrument particuli\u00e8rement pris\u00e9 des amateurs. Il s\u2019agissait l\u00e0 d\u2019un type de luth d\u00e9clin\u00e9 en trois tailles, poss\u00e9dant de six \u00e0 neuf ch\u0153urs seulement et dont le mod\u00e8le en mi \u00e0 six ch\u0153urs pr\u00e9sentait exactement le m\u00eame accord que la guitare \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Pour une meilleure compr\u00e9hension de quelques autres anomalies de toute cette \u00e9volution, un petit survol de l\u2019histoire du luth s\u2019impose.<\/p>\n<p>Vers 1500 d\u00e9j\u00e0, on utilisait un membre de la famille des luths \u2013 le luth t\u00e9nor \u2013 dans l\u2019accord mi<sub>0<\/sub> \u2013 la<sub>0<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>2<\/sub>\u2013 fa<sub>2<\/sub> di\u00e8se \u2013 si<sub>2<\/sub> \u2013 mi<sub>3<\/sub>. Pourtant les compositeurs ne tard\u00e8rent pas \u00e0 sortir du cadre trop \u00e9troit de cette \u00e9tendue, et l\u2019augment\u00e8rent bient\u00f4t d\u2019une seconde ou d\u2019une quarte dans le grave (luth \u00e0 7 ou \u00e0 8 ch\u0153urs).<\/p>\n<p>Outre le registre t\u00e9nor, on construisit au XVIe si\u00e8cle des luths d\u2019au moins quatre tailles, destin\u00e9s \u00e0 des usages tr\u00e8s diff\u00e9rents<\/p>\n<table border=\"0\" width=\"100%\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>Soprano en si<\/td>\n<td>corde vibrante : 48 \u2013 52 cm<\/td>\n<td>(Ensemble)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Alto en sol ou en la<\/td>\n<td>corde vibrante : 56 \u2013 60 cm<\/td>\n<td>(Solo et ensemble)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>T\u00e9nor en mi<\/td>\n<td>corde vibrante : 67 \u2013 72 cm<\/td>\n<td>(Ensemble et solo)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Basse en r\u00e9<\/td>\n<td>corde vibrante : 74 \u2013 78 cm<\/td>\n<td>(Ensemble)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Contrebasse en sol<\/td>\n<td>corde vibrante : 88 \u2013 95 cm<\/td>\n<td>(Ensemble)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Le luth alto en sol ou en la, d\u2019une longueur de corde vibrante comprise entre 56 et 60 cm, jouait dans ce groupe \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame r\u00f4le que le violon dans un ensemble \u00e0 cordes. Jusqu\u2019\u00e0 1620 environ, c\u2019\u00e9tait l\u2019instrument privil\u00e9gi\u00e9 pour ex\u00e9cuter en soliste la musique polyphonique (Francesco da Milano, G. A. Terzi, John Dowland etc.). Quant au luth t\u00e9nor en mi, correspondant au registre et \u00e0 la taille de la guitare actuelle, il serait plut\u00f4t comparable \u00e0 l\u2019alto. Il \u00e9tait utilis\u00e9 pour la musique d\u2019ensemble et pour l\u2019accompagnement du chant ou pour l\u2019ex\u00e9cution de pi\u00e8ces qui ne n\u00e9cessitaient pas une technique de jeu trop compliqu\u00e9e.<\/p>\n<p>La longueur de cordes de l\u2019instrument soliste de la Renaissance, bien inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la guitare actuelle, \u00e9tait fond\u00e9e sur des \u00e9l\u00e9ments physiologiques. Une des fa\u00e7ons les plus courantes de v\u00e9rifier la bonne longueur de la corde vibrante des instruments solistes consistait pour le musicien \u00e0 jouer un accord de la b\u00e9mol majeur (fa majeur dans l\u2019accord de la guitare) \u00e0 la premi\u00e8re position. Le premier doigt effectuait un barr\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re frette et les notes la<sub>1<\/sub> b\u00e9mol \u00e0 la sixi\u00e8me corde, ut<sub>3<\/sub> \u00e0 la troisi\u00e8me, mi<sub>3<\/sub> b\u00e9mol \u00e0 la deuxi\u00e8me et ut<sub>4<\/sub> \u00e0 la cinqui\u00e8me frette de la premi\u00e8re corde (guitare : fa<sub>1<\/sub> \u2013 la<sub>2<\/sub> \u2013 ut<sub>3<\/sub> \u2013 la<sub>3<\/sub>, la corde de sol \u00e9tant accord\u00e9e en fa di\u00e8se). Cette petite exp\u00e9rience pouvait rapidement amener les personnes avis\u00e9es \u00e0 renoncer \u00e0 une carri\u00e8re de luthiste professionnel.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience semble avoir montr\u00e9 que choisir des longueurs de cordes de 56 \u00e0 60 cm pour un instrument accord\u00e9 par quartes \u00e9tait la mani\u00e8re la plus naturelle de ma\u00eetriser un r\u00e9pertoire soliste exigeant et les extensions les plus courantes qui s\u2019y pr\u00e9sentaient. La longueur de cordes vibrantes des guitares actuelles, d\u2019une moyenne de 65 cm, est trop grande d\u2019un point de vue physiologique. Raisonnablement, elle devrait plut\u00f4t se situer autour de 58 cm. En revanche, pour un instrument du registre t\u00e9nor en mi, utilis\u00e9 principalement dans un ensemble, elle est un peu courte, car la longueur de cordes vibrantes de celui-ci ne devrait normalement pas \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 67 cm. Les \u00e9preuves physiques qu\u2019impose \u00e0 l\u2019instrumentiste la guitare \u00ab classique \u00bb accord\u00e9e par quartes d\u2019une longueur de cordes vibrantes de 65 cm seraient, par rapport \u00e0 la longueur plut\u00f4t \u00ab naturelle \u00bb des diverses tailles de luth, tout \u00e0 fait comparables \u00e0 celles d\u2019un violoniste qui devrait jouer le r\u00e9pertoire de violon soliste sur un alto accord\u00e9 comme un violoncelle.<\/p>\n<p>Mais revenons encore une fois \u00e0 nos luths.<\/p>\n<p>Le trop faible volume d\u2019air du luth alto, d\u00fb \u00e0 l\u2019\u00e9troitesse de son corps, lui fit rapidement perdre de son importance lorsqu\u2019arriva l\u2019\u00e9poque de la basse continue et qu\u2019on attribua une valeur croissante \u00e0 un registre de basse bien sonore m\u00eame pour des instruments \u00e0 cordes pinc\u00e9es solistes.<\/p>\n<p>Comme la th\u00e9orbure (allongement des cordes de basse) de ces instruments \u00e0 cordes courtes ne satisfaisait qu\u2019imparfaitement \u00e0 ces exigences, les luths t\u00e9nor et basse, gr\u00e2ce \u00e0 leur corps de plus grande dimension, prirent de plus en plus d\u2019importance au cours du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Toutefois la grande longueur de cordes de ces instruments n\u00e9cessitait aussi un accord en intervalles r\u00e9duits, dans la mesure o\u00f9 ils \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre employ\u00e9s uniquement comme solistes. Lorsque, aux environs de 1630, arriva l\u2019accord en r\u00e9 mineur du luth baroque, compos\u00e9 de tierces et de quartes, les extensions extr\u00eames de la main gauche, telles qu\u2019on les rencontrait dans l\u2019ancien accord par quartes, ne furent plus n\u00e9cessaires. Les \u00ab\u00a0positions tordues\u00a0\u00bb (dixit Mace) rencontr\u00e9es sur un instrument de 56 \u00e0 60 cm, accord\u00e9 par quartes ayant amen\u00e9s les luthistes du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 cr\u00e9er l\u2019accord baroque en r\u00e9 mineur, les guitaristes, avec leurs 65 cm actuels, devraient d\u2019autant plus reconsid\u00e9rer avec int\u00e9r\u00eat cette question.<\/p>\n<p>Avec un instrument accord\u00e9 par quartes, abandonner cette quarte entre la cinqui\u00e8me et la sixi\u00e8me corde et la remplacer par une tierce ou par deux tons entiers serait un moyen s\u00fbr d\u2019offrir aux musiciens plus de facilit\u00e9s. Ceci fut pratiqu\u00e9 non seulement avec le nouvel accord en r\u00e9 mineur du luth, o\u00f9 le la n\u2019\u00e9tait pas suivi d\u2019une quarte, mais de cordes \u00e0 vide accord\u00e9es diatoniquement, mais aussi pour la mandore \u00e0 huit ch\u0153urs du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui \u00e9tait accord\u00e9e de la mani\u00e8re suivante : mi<sub>1<\/sub> \u2013 fa<sub>1<\/sub> \u2013 sol<sub>1<\/sub> \u2013 la<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>2<\/sub> \u2013 sol<sub>2<\/sub> \u2013 si<sub>2<\/sub> \u2013 mi<sub>3<\/sub>. Si vous \u00eates familier de la musique pour luth de John Dowland et des difficult\u00e9s techniques qu\u2019elle comporte, et si vous poss\u00e9dez un luth \u00e0 huit ch\u0153urs ou une guitare \u00e0 huit cordes, je vous recommande instamment d\u2019essayer de jouer cette musique avec une sixi\u00e8me corde suppl\u00e9mentaire en la (la b\u00e9mol selon la tonalit\u00e9), (en fa di\u00e8se ou en fa pour la guitare) et de noter \u00e0 quel point le seul emploi de cette corde suppl\u00e9mentaire formant un intervalle de tierce facilitera votre technique.<\/p>\n<p>Les guitaristes du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e9taient eux aussi parfaitement conscients du grand inconv\u00e9nient que pr\u00e9sentait l\u2019absence des cordes de sol et de fa (fa di\u00e8se) \u00e0 vide. Ferdinando Carulli (1770\u20131841) cr\u00e9a donc son \u00ab d\u00e9cacorde \u00bb, guitare \u00e0 dix cordes accord\u00e9e en ut<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>1<\/sub> \u2013 mi<sub>1<\/sub> \u2013fa<sub>1<\/sub> \u2013 sol<sub>1<\/sub> \u2013 la<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>2<\/sub> \u2013 sol<sub>2<\/sub> \u2013 si<sub>2<\/sub> \u2013 mi<sub>3<\/sub>, que l\u2019on peut voir aujourd\u2019hui au Mus\u00e9e de la Musique de Paris. De son c\u00f4t\u00e9, le guitariste espagnol Antonio Gim\u00e9nez Manjon (1866\u20131919) adopta pour les basses de sa guitare \u00e0 11 cordes l\u2019ordre \u2013 tr\u00e8s r\u00e9fl\u00e9chi du point de vue musical \u2013 de : ut<sub>1<\/sub> \u2013fa<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>1<\/sub> \u2013 sol<sub>1<\/sub> \u2013 si<sub>1<\/sub> \u2013 mi<sub>1<\/sub> \u2013 la<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>2<\/sub> \u2013 sol<sub>2<\/sub> \u2013 si<sub>2<\/sub> \u2013 mi<sub>3<\/sub> et pr\u00e9tendit avec fiert\u00e9 que son instrument ainsi \u00e9quip\u00e9 \u00e9tait le \u00ab digne successeur du v\u00e9n\u00e9rable th\u00e9orbe \u00bb.<\/p>\n<p>La pr\u00e9dominance actuelle de la guitare \u00e0 six cordes par rapport aux mod\u00e8les \u00e0 cordes multiples est moins le r\u00e9sultat d\u2019une pens\u00e9e musicale que celui des pr\u00e9f\u00e9rences commerciales des \u00e9diteurs du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, qui ne perdaient jamais de vue la masse des amateurs. En y regardant de plus pr\u00e8s, on trouve dans les deux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents \u2013 outre Carulli et Manjon \u2013 un nombre \u00e9tonnant d\u2019instrumentistes qui ont utilis\u00e9 des guitares \u00e0 cordes multiples. Du point de vue de l\u2019\u00e9criture, l\u2019\u00e9largissement vers le grave d\u2019un instrument accord\u00e9 en mi<sub>1<\/sub> \u2013 la<sub>1<\/sub> \u2013 r\u00e9<sub>2<\/sub> \u2013 sol<sub>2<\/sub> \u2013 si<sub>2<\/sub> \u2013 mi<sub>3<\/sub> para\u00eet tout \u00e0 fait judicieux. Un r\u00e9<sub>1<\/sub> suppl\u00e9mentaire est par cons\u00e9quent le consensus minimal, et mieux encore serait la pr\u00e9sence des notes r\u00e9<sub>1<\/sub> \u2013 ut<sub>1<\/sub> \u2013 si<sub>0<\/sub> comme cordes suppl\u00e9mentaires \u00e0 vide.<\/p>\n<p>Les raisons qui s\u2019opposent \u00e0 un tel \u00e9largissement de l\u2019\u00e9tendue de la guitare classique sont cependant \u00e9videntes, et ne sont pas seulement d\u2019ordre esth\u00e9tique, mais aussi d\u2019ordre sonore.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 sa forme, la guitare \u00e0 six cordes, telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par Antonio de Torres, est tout simplement parfaite. La silhouette \u00e9lanc\u00e9e de cet instrument en \u00e9rable de l\u2019ann\u00e9e 1864, auquel Francisco Tarrega donnait sa pr\u00e9f\u00e9rence, est d\u2019une \u00e9l\u00e9gance intemporelle et, si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019\u00e9quilibre parfait de ses proportions, elle est l\u2019\u00e9gale des violons construits par Antonio Stradivari \u00e0 son apog\u00e9e. Julian Bream a malheureusement raison d\u2019affirmer dans ce contexte que les guitares \u00e0 cordes multiples ne peuvent se regarder sans d\u00e9plaisir.<\/p>\n<p>D\u2019un point de vue acoustique, l\u2019augmentation de l\u2019\u00e9tendue permet de constater que, de par sa construction, la guitare \u00ab classique \u00bb se situe d\u00e9j\u00e0 dans la partie sombre du spectre sonore, de sorte que toutes les notes au-dessous du r\u00e91 sont trop pauvres en harmoniques pour se m\u00ealer de fa\u00e7on satisfaisante au registre aigu. Si l\u2019on ne voulait pas changer fondamentalement la construction de la guitare classique, il faudrait adjoindre aux notes graves des cordes d\u2019octave suppl\u00e9mentaires, ou bien augmenter nettement la longueur de la corde vibrante, ce qui permet l\u2019emploi de cordes plus minces et donc plus riches en harmoniques.<\/p>\n<p>Aussi la guitare \u00ab classique \u00bb \u2013 si elle ne veut pas perdre sa beaut\u00e9 ext\u00e9rieure et son \u00e9quilibre sonore \u2013 aura int\u00e9r\u00eat, pour plusieurs raisons, \u00e0 se limiter aux six \u00e0 huit cordes et aux possibilit\u00e9s qui en r\u00e9sultent.<\/p>\n<h2>Limites des possibilit\u00e9s<\/h2>\n<p>Par rapport aux styles cultiv\u00e9s aujourd\u2019hui sur cet instrument, la guitare classique est sans aucun doute universelle. Toutefois il n\u2019en est pas de m\u00eame de ses possibilit\u00e9s musicales dans le jeu avec d\u2019autres instruments.<\/p>\n<p>Son ascension au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle n\u2019\u00e9tait pas motiv\u00e9e par le fait que la guitare aurait r\u00e9ussi \u00e0 remplacer dans leurs diverses fonctions \u2013 ne serait-ce qu\u2019un peu \u2013 les luths disparus, comme membre \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019ensemble instrumental. Perdu entre le chant pr\u00e9dominant des violons et le potentiel harmonique g\u00e9n\u00e9reux des pianos au d\u00e9veloppement fulgurant, le charme sonore du petit instrument de la p\u00e9riode romantique ne suffisait pas \u00e0 lui seul \u00e0 attirer durablement l\u2019attention des grands compositeurs de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Pour cette raison, l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la guitare dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est moins marqu\u00e9 par des \u0153uvres de musique de chambre significatives que par l\u2019accompagnement de lieder et un r\u00e9pertoire soliste tout \u00e0 fait charmant, o\u00f9 l\u2019on rencontre les noms de Fernando Sor ou de Mauro Giuliani. Sor lui-m\u00eame \u00e9tait une exception, dans la mesure o\u00f9, contrairement au luth, la guitare, tout au long de son histoire, a connu moins d\u2019harmonistes de sa valeur.<\/p>\n<p>Antonio de Torres et Francisco Tarrega eux-m\u00eames ne sont pas intervenus pour \u00e9tablir durablement l\u2019instrument \u00e0 cordes pinc\u00e9es dans l\u2019ensemble des cordes et des vents. La c\u00e9l\u00e8bre \u00ab Leona \u00bb, prototype de la guitare classique actuelle, pr\u00e9sentait certes, face aux mod\u00e8les de l\u2019\u00e9poque romantique, plus de puissance sonore et de basses volumineuses, mais elle avait, en raison de son timbre plus sombre, des difficult\u00e9s infiniment plus grandes \u00e0 s\u2019imposer dans un ensemble que les petites guitares au timbre clair qui l\u2019avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e.<\/p>\n<p>Alors que Torres, dans un relatif \u00e9loignement du monde musical de son temps, r\u00e9ussit \u00e0 transformer la guitare romantique en un instrument qui correspondait parfaitement \u00e0 l\u2019id\u00e9al sonore sombre du Romantisme finissant, Tarrega, non moins isol\u00e9, exploita tous les moyens techniques de jeu pour mettre en valeur toutes les facettes de ce son qui nous envo\u00fbte encore. La situation de ces deux marginaux aux confins de l\u2019Europe ressemblait de fa\u00e7on \u00e9tonnante \u00e0 celle des luthistes fran\u00e7ais du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Au sein du monde nouveau d\u00e9couvrant l\u2019accord en r\u00e9 mineur, ils se plong\u00e8rent dans des exp\u00e9riences raffin\u00e9es avec des techniques de jeu et des moyens d\u2019expression nouveaux, sans s\u2019interroger sur la diffusion ni sur l\u2019aptitude de leur instrument \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans un ensemble. Par suite, le luth disparut en France d\u00e8s le d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, alors que le th\u00e9orbe, qui n\u2019avait jamais perdu ses liens avec l\u2019orchestre, demeura dans ses charges et dignit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le fait que la guitare \u00ab classique \u00bb ou plus exactement \u00ab postromantique \u00bb ait r\u00e9ussi \u00e0 faire le saut dans le XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle est d\u00fb \u00e0 une s\u00e9rie de virtuoses d\u2019exception qui \u2013 \u00e0 nouveau dans un contexte essentiellement de solistes \u2013 c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent les magnifiques possibilit\u00e9s sonores de cet instrument devant un public \u00e9merveill\u00e9, et rassembl\u00e8rent autour d\u2019eux des adeptes \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une secte.<\/p>\n<p>Le principal probl\u00e8me de l\u2019amplification du son de la guitare comme condition d\u2019une meilleure aptitude \u00e0 participer \u00e0 l\u2019ensemble avait conduit, d\u00e8s le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 de multiples tentatives et exp\u00e9riences sur la modification des formes. A la vue de quelques-unes d\u2019entre elles, l\u2019observateur d\u2019aujourd\u2019hui aura du mal \u00e0 conserver son s\u00e9rieux. Il semble qu\u2019aucune de ces exp\u00e9riences n\u2019ait pu s\u2019affirmer en face de la forme et de la construction classiques de la guitare.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats d\u2019une amplification du son par une construction modifi\u00e9e de la table obtenus au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ne sont \u2013 respect mis \u00e0 part \u2013 pas assez s\u00e9rieux pour permettre \u00e0 la guitare classique de jouer sans probl\u00e8me avec des instruments \u00e0 archet en l\u2019absence d\u2019amplification. Il semble qu\u2019un d\u00e9placement du spectre sonore vers plus de clart\u00e9 \u00e0 cet effet serait beaucoup plus important que des gains minimes de sonorit\u00e9, obtenus assez souvent au prix du charme naturel de cet instrument. Mais on peut alors se demander ce qu\u2019il reste de la caract\u00e9ristique sonore sp\u00e9cifique de la guitare.<\/p>\n<h2>Limites du r\u00e9pertoire<\/h2>\n<p>La guitare des XIXe et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles dispose d\u2019une remarquable richesse de compositions originales. Il faut souligner particuli\u00e8rement une s\u00e9rie d\u2019\u0153uvres importantes qu\u2019inspir\u00e8rent \u00e0 de grands virtuoses du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle leur instrument. Pour moi, ceci est illustr\u00e9 de fa\u00e7on \u00e9clatante par le disque de Julian Bream : \u00ab Guitar music of the 20th century \u00bb. A l\u2019heure actuelle, le luth est bien loin d\u2019avoir suscit\u00e9 de tels enregistrements.<\/p>\n<p>Face \u00e0 une telle richesse, les programmes de beaucoup d\u2019artistes qui se pr\u00e9sentent aujourd\u2019hui \u00e0 la guitare classique laissent quelque peu perplexe. Il est rare de trouver des compositions originales vraiment importantes, comparables aux \u0153uvres de Fernando Sor, si accomplies dans le fond et dans la forme.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/2019\/02\/12\/eduardo-fernandez\/\">(Voir aussi l\u2019extrait de l\u2019interview d\u2019Eduardo Fern\u00e1ndez)<\/a><\/p>\n<p>Bien que je comprenne le plaisir de transcrire et de jouer de la musique fortement teint\u00e9e de folklore et d\u2019improvisation, l\u2019abandon croissant du r\u00e9pertoire classique, ainsi que d\u2019une importante partie du r\u00e9pertoire contemporain, me para\u00eet inqui\u00e9tant. De plus, les adaptations si appr\u00e9ci\u00e9es des guitaristes, comme par exemple celles des \u0153uvres pour luth de Jean S\u00e9bastien Bach, ne rencontrent pas toujours aupr\u00e8s d\u2019auditeurs critiques la m\u00eame bienveillance que celle que l\u2019on trouve chez les habitu\u00e9s des festivals de guitare.<\/p>\n<p>Quand on conna\u00eet les versions des \u0153uvres pour luth de Jean S\u00e9bastien Bach qui nous ont \u00e9t\u00e9 transmises, et quand on sait comment les ex\u00e9cuter et comment elles sonnent, les restitutions sur un instrument \u00e0 6 cordes accord\u00e9 par quartes font penser \u00e0 la tentative de jouer le \u00ab Clavier bien temp\u00e9r\u00e9 \u00bb avec seulement trois doigts de la main droite et deux de la main gauche. Et les arrangements de la musique de Sylvius Leopold Weiss pour la guitare \u00e0 6 cordes \u00e9voquent r\u00e9guli\u00e8rement pour les luthistes l\u2019image d\u2019un pianiste manchot.<\/p>\n<p>Les arrangements d\u2019\u0153uvres orchestrales telles que, par exemple, les \u00ab Tableaux d\u2019une exposition \u00bb de Moussorgsky pour la guitare, peuvent \u00eatre aussi l\u00e9gitimes et \u00e9tourdissants que les paraphrases pianistiques de Franz Liszt sur les ouvertures de Wagner. De mon point de vue personnel, elles ne justifient pourtant pas davantage l\u2019abandon du r\u00e9pertoire original.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re fondamentalement romantique de la guitare \u00ab classique \u00bb am\u00e8ne toujours in\u00e9vitablement les guitaristes \u00e0 une vision qui n\u2019est pas adapt\u00e9e aux \u0153uvres de l\u2019\u00e9poque pr\u00e9romantique, et qui d\u00e9routent ceux qui connaissent la pratique d\u2019interpr\u00e9tation historique. Il manque souvent aux guitaristes \u2013 quelle que soit leur virtuosit\u00e9 \u2013 la s\u00fbret\u00e9 de style n\u00e9cessaire pour rendre la musique baroque, voire plus ancienne.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de ces remarques, je suis bien loin, en tant que luthiste, d\u2019approuver les remarques d\u00e9favorables \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la guitare classique et de ses interpr\u00e8tes que l\u2019on rencontre bien trop souvent dans les forums consacr\u00e9s au luth. Ces critiques semblent oublier que c\u2019\u00e9taient des guitaristes qui, au XIXe si\u00e8cle, ont perp\u00e9tu\u00e9 la m\u00e9moire du luth et ont apport\u00e9 une \u00e9norme contribution \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la technique de jeu et \u00e0 la construction des instruments \u00e0 cordes pinc\u00e9es. La renaissance du luth au XXe si\u00e8cle serait impensable sans l\u2019engagement d\u2019un guitariste tel que Julian Bream. Interrog\u00e9 sur l\u2019importance de ce dernier pour le monde du luth, Paul O\u2019Dette r\u00e9pondit de mani\u00e8re aussi concise que pertinente : \u00ab Sans Bream, le monde du luth n\u2019existerait pas \u00bb.<\/p>\n<h2>Moins, c\u2019est plus \u2013 Perspectives<\/h2>\n<p>La baisse d\u2019acceptation de la guitare dans le domaine classique va de pair avec un rapide vieillissement du monde actuel du luth \u00ab historique \u00bb. Il semble que la s\u00e9paration en deux groupes professionnels distincts n\u2019ait pas fait de bien dans l\u2019ensemble \u00e0 la reconnaissance des instruments \u00e0 cordes pinc\u00e9es. Dans ces circonstances, ne serait-il pas plus sage de se rapprocher les uns des autres et de trouver une base commune qui nous permettrait, comme les musiciens des XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois guitaristes et luthistes ?<\/p>\n<p>Contrairement aux types de luths historiques revivifi\u00e9s, le Nouveau Luth (Liuto forte) n\u2019exclut pas les guitaristes, mais les invite plut\u00f4t \u00e0 mettre leurs capacit\u00e9s au service du luth, et par l\u00e0-m\u00eame \u00e9galement \u00e0 celui de la musique d\u2019ensemble. Par cons\u00e9quent, les guitaristes classiques pourraient se concentrer enti\u00e8rement sur les avantages de leurs instruments propres aux XIX<sup>e<\/sup> et XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, sans devoir renoncer aux \u0153uvres d\u2019\u00e9poques ant\u00e9rieures qui, gr\u00e2ce aux mod\u00e8les de Liuto forte adapt\u00e9s \u00e0 leur temps, leur sont pareillement accessibles sans une trop grande modification de leur technique de jeu.<\/p>\n<p>A aucune \u00e9poque, la guitare classique \u2013 conditionn\u00e9e par les circonstances de sa naissance et sa conception sonore fondamentale \u2013 n\u2019a atteint un degr\u00e9 d\u2019int\u00e9gration musicale comparable \u00e0 celui de l\u2019archiluth, du th\u00e9orbe ou du gallichon aux XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles. Sa sonorit\u00e9 douce, \u00e9touff\u00e9e la pr\u00e9destinait certes \u00e0 \u00eatre un instrument soliste, mais l\u2019a en m\u00eame temps emp\u00each\u00e9e de s\u2019associer \u00e0 celle des instruments \u00e0 archet et \u00e0 celle des vents pour donner un son global homog\u00e8ne. <span lang=\"fr-BE\">Ce fait<\/span><span style=\"color: #ff0000;\"><span lang=\"fr-BE\"> <\/span><\/span><span lang=\"fr-BE\">l\u2019a<\/span><span lang=\"fr-BE\"> d\u00e8s le d\u00e9but <\/span><span lang=\"fr-BE\">emp\u00each\u00e9<\/span><span lang=\"fr-BE\">e <\/span>d\u2019\u00eatre un membre \u00e0 part enti\u00e8re de l\u2019ensemble au concert, \u00e0 l\u2019\u00e9glise ou \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Malgr\u00e9 l\u2019utilisation plus fr\u00e9quente de la guitare dans la musique de chambre par les compositeurs du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le probl\u00e8me fondamental qu\u2019elle ne peut s\u2019imposer face aux autres instruments en raison de son volume faible (bien que nullement m\u00e9diocre) reste entier.<sup class=\"redbold\">1<\/sup> Par ces propos, il n\u2019est pas dans mon intention de d\u00e9courager, car les nombreuses possibilit\u00e9s suppl\u00e9mentaires qu\u2019offrent les diff\u00e9rents mod\u00e8les de Liuto forte dans le jeu d\u2019ensemble lib\u00e8rent leur bel instrument d\u2019obligations qui ne leur conviennent pas. M\u00eame si les guitares classiques et postromantiques n\u2019ont qu\u2019une utilit\u00e9 limit\u00e9e comme instruments d\u2019ensemble, elles demeurent \u2013 pour autant qu\u2019on respecte leurs limites naturelles \u2013 des chemins \u00e9troits, mais tout \u00e0 fait charmants, bord\u00e9s d\u2019orchid\u00e9es.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre devrions-nous nous familiariser avec l\u2019id\u00e9e que la v\u00e9ritable \u00e9poque de la guitare \u00ab classique \u00bb et postromantique qui a connu des hauts et des bas, a \u00e9t\u00e9 celle allant de 1800 \u00e0 1980. Consid\u00e9rant pourtant l\u2019exploitation de possibilit\u00e9s nouvelles et la conqu\u00eate d\u2019un nouvel auditoire, le champ appartient clairement, \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aux diff\u00e9rents types de mod\u00e8les amplifi\u00e9s \u00e9lectriquement.<\/p>\n<p>La guitare \u00ab classique \u00bb pourra-t-elle continuer \u00e0 affirmer sa pr\u00e9sence dans la musique classique, ou bien tombera-t-elle dans la banalit\u00e9 de son haut niveau technique, d\u00e9p\u00e9rissant comme un \u00e9pisode charmant de l\u2019histoire des instruments ? Elle pourrait consolider sa pr\u00e9sence, \u00e0 condition d\u2019accepter ses limites autant que d\u2019exploiter intelligemment ses avantages.<\/p>\n<p class=\"fn\"><sup class=\"redbold\">1<\/sup> Le \u00ab\u00a0Truc de Paganini\u00a0\u00bb pourrait \u00eatre un moyen permettant de rendre la guitare plus audible, surtout quand elle joue avec des instruments \u00e0 archets <a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/details\/#Stimmvarianten\">(voir \u00e0 l\u2019article \u00ab\u00a0D\u00e9tails\/Le truc de Paganini\u00a0\u00bb)<\/a><\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Moins, c\u2019est plus \u2013 Limites et perspectives de la guitare classique Pour le dire tout net : j\u2019aime le son chaud et sombre de la guitare \u00ab classique \u00bb. 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Gleichwohl l\u00e4\u00dft sich nicht verkennen, da\u00df der Stern dieses Instruments im Bereich der Klassik schon seit l\u00e4ngerem am Sinken ist. <a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/eduardo-fernandez\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">(Siehe auch Interview mit Eduardo Fern\u00e1ndez<\/a>) Einige machen daf\u00fcr einen zunehmenden instrumentalen Narzi\u00dfmus verantwortlich, der sich verflachend auf die Programmgestaltung auswirke. Andere vermuten, da\u00df der allzu gedeckte, ba\u00dflastige Klang der klassischen Gitarre selbst allm\u00e4hlich aus der Mode komme, \u00e4hnlich den schweren Parfums, die unsere Gro\u00dfm\u00fctter trugen.<\/p><p>Ich pers\u00f6nlich glaube, da\u00df jedes Musikinstrument eine eigene, zeitlose Sch\u00f6nheit bewahrt, sofern man es in seinen nat\u00fcrlichen Grenzen l\u00e4\u00dft und ihm nichts abverlangt, was mit seinem Klangcharakter und seinen Einsatzm\u00f6glichkeiten unvereinbar ist. Da mir scheint, da\u00df das Auf und Ab der Beliebtheit der Gitarre etwas mit dem Respektieren bzw. Mi\u00dfachten solcher Grenzen zu tun hat, m\u00f6chte ich ein wenig \u00fcber die nat\u00fcrlichen Voraussetzungen dieses Instrumentes sprechen.<\/p><p>Die Gitarre verdankt ihren Aufstieg zu Beginn des 19. Jahrhunderts einem Vakuum, das durch das Verschwinden der Laute aus dem europ\u00e4ischen Musikleben entstanden war. Weder ist sie f\u00fcr den Untergang der Laute verantwortlich, noch hat sie diese verdr\u00e4ngt oder gar abgel\u00f6st. Ihre Rolle als dominierendes Zupfinstrument dieser Zeit kann mit der der Lauteninstrumente vorangegangener Epochen allerdings nur bedingt verglichen werden, denn es geh\u00f6rte von Anfang an nicht zu ihren Aufgaben, eine Stellung im klassischen Ensemble einzunehmen, wie sie Arciliuto, Theorbe oder Gallichon zuvor im Barockorchester innehatten. Der s\u00fc\u00dfe Klang der Biedermeiergitarre schmeichelte zwar dem Ohr, tr\u00f6stete anspruchsvolle H\u00f6rer jedoch nicht \u00fcber den Verlust hinweg, den die Musik durch das Erl\u00f6schen einer alten, etablierten Instrumentengattung in all ihren vielf\u00e4ltigen Formen und Einsatzm\u00f6glichkeiten erlitten hatte.<\/p><p>Die noch bis zur Mitte des 18. Jahrhunderts selbstverst\u00e4ndliche Integration von Zupfinstrumenten wie Laute, Arciliuto und Theorbe in Kammer- und Orchestermusik, verschaffte diesen Instrumenten einen anerkannten Rang und ihren Spielern einen sozialen Status. An deren Stelle trat im 19. Jahrhundert die freiberufliche Existenz reisender Gitarrevirtuosen, die ein vorwiegend b\u00fcrgerliches Publikum mit mehr oder minder kostbaren eigenen Werken und verwegenen Arrangements begeisterten. Kernpunkt des Entz\u00fcckens war zweifellos der Klang dieser neuen Gitarre selbst, der sich von dem der Lauteninstrumente zwar kaum durch Lautst\u00e4rke, jedoch durch deutlich mehr S\u00fc\u00dfe, Kantabilit\u00e4t und Farbenreichtum unterschied. Darin lag allerdings auch die Gefahr des Kokettierens mit der eigenen Lieblichkeit auf Kosten der musikalischen Substanz. Ernsthaftere Liebhaber des Gitarrenklanges wie z.B. Fernando Sor beklagten nicht ohne Grund, da\u00df Verleger, die auf dieser Welle ritten, der Verflachung des Repertoires nur allzu bereitwillig Vorschub leisteten.<\/p><p>L\u00e4\u00dft man die neuen klanglichen Errungenschaften der Biedermeiergitarre einmal au\u00dfer acht, dann ist der Aufstieg eines sechssaitigen Zupfinstrumentes in Quartenstimmung nur f\u00fcnfzig Jahre nach dem Ableben von Sylvius Leopold Wei\u00df (1684 - 1750) ein erstaunlicher Anachronismus. Vermutlich kann er weniger mit musikalischer Vernunft, als mit den Vorlieben sangesfreudiger Amateure erkl\u00e4rt werden, denen die M\u00f6glichkeit des \u201eDurchstreichens\u201c aller Saiten eine besondere Herzensangelegenheit war. In gewisser Weise wurde diese Entwicklung bereits in der zweiten H\u00e4lfte des 18. Jahrhunderts durch die bei Dilettanten beliebte Mandora vorgepr\u00e4gt. Dabei handelte es sich um ein in drei Stimmlagen gebautes Lauteninstrument mit nur 6 bis 9 Ch\u00f6ren, wovon das sechsch\u00f6rige Modell in E exakt dieselbe Stimmung aufwies, wie die sp\u00e4tere Gitarre.<\/p><p>Zum besseren Verst\u00e4ndnis einiger weiterer Anomalien dieser Entwicklung ist ein kurzer Ausflug in die Geschichte der Lauteninstrumente unerl\u00e4\u00dflich.<\/p><p>Bereits um 1500 war ein Mitglied der Lautenfamilie \u2013 die Tenorlaute \u2013 in der Stimmung E-A-d-fis-h-e\u2019 in Gebrauch. Dieser Umfang wurde allerdings von den Komponisten rasch ausgereizt und schon bald um eine Sekunde oder Quarte in der Tiefe erweitert (7-oder 8-ch\u00f6rige Laute).<\/p><p>Au\u00dfer in Tenorlage wurden Lauten im 16. Jahrhundert in mindestens vier weiteren Gr\u00f6\u00dfen gebaut, die ganz unterschiedlichen Zwecken dienten:<\/p><table border=\"0\" width=\"100%\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\"><tbody><tr><td>Diskantlaute in h\u2019<\/td><td>Saitenl\u00e4nge 48-52 cm<\/td><td>(Ensemble)<\/td><\/tr><tr><td>Altlaute in g\u2019 oder a\u2019<\/td><td>Saitenl\u00e4nge 56-60 cm<\/td><td>(Solo und Ensemble)<\/td><\/tr><tr><td>Tenorlaute in e\u2019<\/td><td>Saitenl\u00e4nge 67-72 cm<\/td><td>(Ensemble und Solo)<\/td><\/tr><tr><td>Ba\u00dflaute in d\u2019<\/td><td>Saitenl\u00e4nge 74-78 cm<\/td><td>(Ensemble)<\/td><\/tr><tr><td>Gro\u00dfoktav-Ba\u00dflaute in g<\/td><td>Saitenl\u00e4nge 88-95 cm<\/td><td>(Ensemble)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><p>Die Altlaute in g\u2019 oder a\u2019 mit einer Saitenl\u00e4nge zwischen 56 und 60 cm spielte in dieser Gruppe ungef\u00e4hr die Rolle, die heute der Violine im Streichensemble zukommt. Sie war bis etwa 1620 das zur Ausf\u00fchrung polyphoner solistischer Werke (Francesco da Milano, G. A. Terzi, John Dowland u.a.) bevorzugte Instrument. Die Tenorlaute in e\u2019 wiederum, die in Stimmlage und Gr\u00f6\u00dfe unserer heutigen Gitarre entsprach, kann am ehesten mit der Bratsche verglichen werden. Sie wurde im Ensemble und f\u00fcr die Liedbegleitung verwendet oder zur Ausf\u00fchrung von St\u00fccken, denen keine allzu komplizierte spieltechnische Struktur zugrunde lag.<\/p><p>Der im Vergleich zur heutigen Gitarre deutliche geringeren Saitenl\u00e4nge des Soloinstruments der Renaissance lagen harte physiologische Fakten zugrunde. Ein beliebter Test zur Feststellung der richtigen Mensur f\u00fcr unterschiedlich gro\u00dfe H\u00e4nde bestand f\u00fcr Spieler der Altlaute darin, einen As-Dur-Akkord (in Gitarre-Stimmung F-Dur) in der ersten Lage zu greifen. Dabei wurde der erste Finger im Barr\u00e9 \u00fcber den ersten Bund gelegt und die T\u00f6ne As auf der sechsten, c\u2019 auf der dritten, es\u2019 auf der zweiten und c\u2019\u2019 auf dem f\u00fcnften Bund der ersten Saite gegriffen (Gitarre: F, a, c\u2019, a\u2019 mit nach fis gestimmter g-Saite). Dieser kleine Versuch konnte einsichtige Menschen rasch dazu bringen, den Gedanken an eine Laufbahn als berufsm\u00e4\u00dfiger Lautenspieler wieder aufzugeben.<\/p><p>Der Erfahrung nach scheinen Saitenl\u00e4ngen von 56-60 cm f\u00fcr ein in Quarten gestimmtes Instrument am nat\u00fcrlichsten zur Bew\u00e4ltigung eines anspruchsvollen solistischen Repertoires und der darin am h\u00e4ufigsten vorkommenden \u00dcberstreckungen zu sein. Die Mensur der heutigen Gitarre mit ihren durchschnittlichen 65 cm ist unter physiologischen Gesichtspunkten zu gro\u00df. Sie m\u00fc\u00dfte vern\u00fcnftigerweise eher im Bereich um 58 cm liegen. F\u00fcr ein \u00fcberwiegend im Ensemble benutztes Instrument der Tenorlage in e\u2019 wiederum ist sie zu klein, denn dessen Saitenl\u00e4nge sollte normalerweise 67 cm nicht unterschreiten. Die gymnastischen Herausforderungen, vor die eine \u201eklassische\u201c Gitarre in Quartenstimmung und mit einer Mensurl\u00e4nge von 65 cm ihre Spieler stellt, k\u00f6nnen vor dem Hintergrund der eher \u201enat\u00fcrlichen\u201c Mensuren der verschiedenen Lautengr\u00f6\u00dfen durchaus mit denen eines Geigers vergleichen werden, der das solistische Violinrepertoire auf einer Bratsche in Cellostimmung wiedergeben mu\u00df.<\/p><p>Kehren wir jedoch noch einmal zu den Lauteninstrumenten zur\u00fcck.<\/p><p>Die Altlaute verlor aufgrund ihres geringen Luftvolumens rasch an Bedeutung, als das Generalba\u00df-Zeitalter anbrach und man auch bei solistisch verwendeten Zupfinstrumenten zunehmend Wert auf ein klangstarkes Ba\u00dfregister legte.<\/p><p>Da die Theorbierung (Verl\u00e4ngerung der Ba\u00dfsaiten) solcher kleinmensurierter Instrumente (Liuti attiorbati) diesen Zweck nur unzureichend erf\u00fcllte, traten Tenor- und Ba\u00dflauten dank ihrer gr\u00f6\u00dferen Korpora im Lauf des 17. Jahrhunderts immer mehr in den Vordergrund.<\/p><p>Die gr\u00f6\u00dfere Saitenl\u00e4nge dieser Instrumente machte allerdings auch eine Stimmung in kleineren Intervallen erforderlich, sofern sie unumschr\u00e4nkt solistischen Zwecken dienen sollten. Bei der um etwa 1630 eingef\u00fchrten, aus Terzen und Quarten bestehenden d-moll-Stimmung kamen extreme \u00dcberdehnungen der linken Hand, wie sie in der alten Quartenstimmung zu finden waren, nicht mehr vor. F\u00fcr Gitarristen, die heute auf Mensuren um 65 cm Spreizungen ausf\u00fchren m\u00fcssen, die im 16. Jahrhundert der Altlaute mit einer Saitenl\u00e4nge von 56-60 cm vorbehalten waren, d\u00fcrfte der Umstand interessant sein, da\u00df selbst diese angenehmeren Saitenl\u00e4ngen die alte Quarten- und heutige Gitarrenstimmung nicht vor der Kritik bewahrten, da\u00df sie zu viele \u201evertrackte Griffe\u201c (Thomas Mace) enthielt, was schlie\u00dflich zu ihrer Abl\u00f6sung durch die d\u2013moll-Stimmung f\u00fchrte.<\/p><p>Eine M\u00f6glichkeit, Spielern eines in Quarten gestimmten Instruments Erleichterung zu verschaffen best\u00fcnde zweifellos darin, die Quarte zwischen der f\u00fcnften und sechsten Saite aufzugeben und durch eine Terz oder zwei Ganztonschritte zu ersetzen. Das wurde nicht nur bei der neuen d-moll-Stimmung der Laute praktiziert, wo auf das A keine Quarte, sondern diatonisch gestimmte, freie Saiten folgten, sondern auch bei achtch\u00f6rigen Mandoren des 18.Jahrhunders, die folgenderma\u00dfen einstimmt waren: E-F-G-A-d-g-h-e\u2019. Sollten Sie sich mit der Lautenmusik John Dowlands und den darin vorkommenden grifftechnischen Schwierigkeiten ein wenig auskennen und Besitzer einer achtch\u00f6rigen Laute sein, dann empfehle ich Ihnen den Versuch, diese Musik mit einer zus\u00e4tzlichen 6. Saite in A (je nach Tonart auch As) oder \u2013 falls Sie Spieler einer achtsaitigen Gitarre sind \u2013 Fis (bzw. F) wiederzugeben und auf die ph\u00e4nomenalen grifftechnischen Erleichterungen zu achten, die Ihnen allein diese eine zus\u00e4tzliche Saite im Terzabstand verschafft.<\/p><p>Der gro\u00dfe Nachteil des Fehlens der T\u00f6ne G und F(Fis) als freie Saiten war auch Gitarristen des 19. Jahrhunderts durchaus bewu\u00dft. Ferdinando Carulli (1770-1841) entwickelte daher sein \u201eD\u00e9cacorde\u201c, eine zehnsaitige Gitarre in der Stimmung C-D-E-F-G-A-d-g-h-e\u2019, die noch heute im Pariser Mus\u00e9e de la Musique zu bewundern ist. Der Spanier Antonio Jimenez Manj\u00f3n (1866-1919) wiederum ordnete \u2013 musikalisch sehr durchdacht - die Ba\u00dfsaiten seiner 11-saitigen Torres-Gitarre in der Reihenfolge: C-F-D-G-H-E-a-d-g-h-e\u2019 an und erhob k\u00fchn den Anspruch, da\u00df sein in dieser Weise aufger\u00fcstetes Instrument die \u201eNachfolgerin der ehrw\u00fcrdigen Theorbe\u201c sei.<\/p><p>Die heutige Dominanz der sechssaitigen Gitarre gegen\u00fcber den mehrsaitigen Modellen ist weniger ein Resultat musikalischer Vernunft, als vielmehr das Ergebnis kommerzieller Pr\u00e4ferenzen der Verleger des 19. Jahrhunderts, die nie das Gros der Amateure aus den Augen verloren. Bei genauerem Hinsehen findet man \u2013 neben Carulli und Manj\u00f3n \u2013 eine erstaunliche Anzahl von Spielern, die sich in den vergangenen zweihundert Jahren mehrsaitiger Gitarren bedienten. Satztechnisch scheint eine Erweiterung des Tonumfangs eines in E-A-d-g-h-e\u2019 gestimmten Instrumentes in der Tiefe \u00fcberaus sinnvoll. Ein zus\u00e4tzliches D ist dabei der Minimalkonsens, besser noch w\u00e4re allerdings das Vorhandensein der T\u00f6ne D, C und Kontra H als zus\u00e4tzliche, freie Saiten.<\/p><p>Die Gr\u00fcnde, die gegen eine solche Erweiterung des Tonumfangs der klassischen Gitarre sprechen, liegen allerdings ebenfalls auf der Hand und sind sowohl \u00e4sthetischer wie auch klanglicher Natur.<\/p><p>Hinsichtlich ihrer Form ist die von Antonio de Torres konzipierte sechssaitige Gitarre schlichtweg vollkommen. Der schlanke Umri\u00df des Ahorninstrumentes aus dem Jahre 1864, dessen sich Francisco T\u00e1rrega bevorzugt bediente, verstr\u00f6mt zeitlose Eleganz und steht im Hinblick auf die vollendete Ausgewogenheit aller Proportionen ebenb\u00fcrtig neben Antonio Stradivaris Geigenmodellen der goldenen Periode. Julian Bream hat daher leider recht, wenn er vor diesem Hintergrund meint, da\u00df mehrsaitige Gitarren \u201enur mit \u00dcberwindung\u201c anzuschauen seien.<\/p><p>Unter akustischen Gesichtspunkten wiederum ist bei einer Erweiterung des Tonumfangs in der Tiefe festzustellen, da\u00df die \u201eklassische\u201c Gitarre konstruktionsbedingt bereits so weit im dunkleren Teil des Klangspektrums liegt, da\u00df alle T\u00f6ne \u00fcber das tiefe D hinaus viel zu obertonarm sind, um sich noch befriedigend mit dem Diskantregister zu vermischen. Wollte man die Bauweise der klassischen Gitarre nicht grunds\u00e4tzlich \u00e4ndern, m\u00fc\u00dften diesen tiefen T\u00f6nen zus\u00e4tzliche Oktavsaiten beigef\u00fcgt oder ihre Mensur deutlich verl\u00e4ngert werden, was den Gebrauch schlankerer und damit obertonreicherer Saiten erlaubt.<\/p><p>Wie es scheint, ist dieses Instrument \u2013 wenn es seiner \u00e4u\u00dferen Sch\u00f6nheit und klanglichen Ausgewogenheit nicht verlustig gehen will \u2013 aus mehreren Gr\u00fcnden gut beraten, bei sechs bis acht Saiten zu bleiben und sich mit den daraus ergebenden M\u00f6glichkeiten zufrieden zu geben.<\/p><h2>Grenzen der Einsatzm\u00f6glichkeiten<\/h2><p>Hinsichtlich der heute darauf gepflegten Stilrichtungen ist die klassische Gitarre zweifellos universell. Von ihren Einsatzm\u00f6glichkeiten im Zusammenspiel mit anderen Instrumenten l\u00e4\u00dft sich das allerdings viel weniger behaupten.<\/p><p>Ihr Aufstieg zu Beginn des 19. Jahrhunderts war nicht darin begr\u00fcndet, da\u00df es der Gitarre gelungen w\u00e4re, die verschwundenen Lauteninstrumente auch nur ansatzweise in ihren vielf\u00e4ltigen Funktionen als vollwertige Mitglieder des Instrumentenensembles zu ersetzen. Verloren zwischen der kantablen \u00dcbermacht der Streicher und dem beidh\u00e4ndig gesch\u00f6pften harmonischen Potential der sich rasant entwickelnden Klaviere reichte der klangliche Charme des kleinen Biedermeierinstruments allein nicht aus, um sich die Aufmerksamkeit der gro\u00dfen Komponisten dieser Epoche nachhaltig zu sichern.<\/p><p>Die Bl\u00fctezeit der Gitarre in der ersten H\u00e4lfte des 19. Jahrhunderts ist infolge dessen weniger durch bedeutende kammermusikalische Werke als vielmehr durch Liedbegleitung und ein \u00fcberaus reizvolles solistisches Repertoire mit Namen wie Fernando Sor oder Mauro Giuliani gepr\u00e4gt. Sor selbst war dabei insofern eine Ausnahme, als die Gitarre \u2013 im Gegensatz zur Laute \u2013 in ihrer gesamten Geschichte nur wenige Harmoniker seines Ranges besessen hat.<\/p><p>Auch Antonio der Torres und Francisco T\u00e1rrega traten nicht an, um erneut ein Zupfinstrument dauerhaft im Ensemble der Streicher und Bl\u00e4ser zu etablieren. Torres ber\u00fchmte \u201eLa Leona\u201c \u2013 der Prototyp der heutigen \u201eklassischen Gitarre\u201c - mochte gegen\u00fcber den Modellen der Biedermeierzeit zwar etwas mehr Schalldruck und sonorere B\u00e4sse aufweisen, hatte aufgrund ihres dunkleren Timbres aber ein grunds\u00e4tzlich eher schlechteres Durchsetzungsverm\u00f6gen in Ensemblespiel als ihre kleineren und heller t\u00f6nenden Vorg\u00e4ngerinnen.<\/p><p>W\u00e4hrend es Torres in ziemlicher Abgeschiedenheit vom Musikbetrieb seiner Zeit gelang, die Biedermeiergitarre in ein Instrument umzuformen, das dem dunklen, sp\u00e4tromantischen Klangideal dieser Epoche vollkommen entsprach, lotete T\u00e1rrega \u2013 nicht minder isoliert \u2013 die spieltechnischen Mittel aus, um alle Facetten dieses schwerm\u00fctigen Klanges zur Geltung zu bringen. Die Situation dieser beiden Eigenbr\u00f6tler an der Peripherie Europas \u00e4hnelte in erstaunlicher Weise jener der franz\u00f6sischen Lautenisten des 17. Jahrhunderts. Eingesponnen in die neue Welt der gerade eingef\u00fchrten d-moll Stimmung versenkten sie sich in raffinierte Experimente mit neuen Spiel- und Ausdrucksmitteln, ohne viel nach \u00d6ffentlichkeit oder Ensembletauglichkeit ihres Instrumentes zu fragen. In Folge dessen starb die Laute in Frankreich schon zu Beginn des 18. Jahrhunderts aus, w\u00e4hrend die Theorbe, die ihre Bindung ans Orchester nie verloren hatte, auch weiterhin in Amt und W\u00fcrden blieb.<\/p><p>Da\u00df der \u201eklassischen\u201c oder besser \u201esp\u00e4tromantischen\u201c Gitarre \u00fcberhaupt der Sprung ins 20. Jahrhundert gelang, ist einer Reihe herausragender Virtuosen zu verdanken, die \u2013 wiederum in \u00fcberwiegend solistischem Kontext \u2013 die wunderbaren klanglichen M\u00f6glichkeiten dieses Instrumentes vor erstauntem Publikum zelebrierten und eine sekten\u00e4hnliche Anh\u00e4ngerschaft um sich scharten.<\/p><p>Das grunds\u00e4tzliche Problem der Klangverst\u00e4rkung der Gitarre als Voraussetzung einer besseren Ensembletauglichkeit hatte bereits im 19. Jahrhundert zu vielf\u00e4ltigen Versuchen und Experimenten mit ver\u00e4nderten Formen gef\u00fchrt. Einige davon machen es dem heutigen Betrachter schwer, bei ihrem Anblick den n\u00f6tigen Ernst zu bewahren. Wie es scheint, konnte sich keiner dieser Versuche gegen\u00fcber den klassischen Formen und Bauweisen der Gitarre durchsetzen. Die im 20. Jahrhundert erzielten Ergebnisse einer Klangverst\u00e4rkung durch modifizierte Deckenkonstruktionen wiederum sind \u2013 bei allem Respekt \u2013 nicht gravierend genug, um der klassischen Gitarre unverst\u00e4rkt ein problemloses Zusammenspiel mit Streichinstrumenten zu erm\u00f6glichen. Es scheint, da\u00df eine Verlagerung des Klangspektrums hin zu mehr Helligkeit daf\u00fcr wesentlich wichtiger w\u00e4re, als kleine Zugewinne an Schalldruck, die oft genug um den Preis eines Verlusts des nat\u00fcrlichen Charmes dieses Instrumentes erzielt werden. Dabei erhebt sich allerdings die Frage, wieviel von der spezifischen Klangcharakteristik der Gitarre dann \u00fcberhaupt noch erhalten bleibt.<\/p><h2>Grenzen des Repertoires<\/h2><p>Die Gitarre des 19. und 20.Jahrhunders verf\u00fcgt \u00fcber einen bemerkenswerten Reichtum an origin\u00e4ren Kompositionen. Besonders hervorzuheben sind eine Reihe bedeutender Werke, die gro\u00dfe Virtuosen des 20.Jahrhunderts f\u00fcr ihr Instrument anregten. Ein leuchtender Gipfel ist f\u00fcr mich Julian Breams \u201eGuitar Music of the 20th Century\u201c. Von Einspielungen dieser Art ist die Laute zum gegenw\u00e4rtigen Zeitpunkt leider noch weit entfernt.<\/p><p>Angesichts dieser Guthaben machen die Programme vieler heute mit einer klassischen Gitarre auftretender K\u00fcnstler etwas ratlos. Wirklich gewichtige Originalkompositionen des 20. Jahrhunderts sind darin ebenso selten anzutreffen, wie die formvollendeten und gehaltvollen Werke Fernando Sors.<\/p><p><a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/2019\/02\/12\/eduardo-fernandez\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">(Siehe auch den Auszug aus dem Interview mit\u00a0Eduardo Fern\u00e1ndez)<\/a><\/p><p>Bei allem Verst\u00e4ndnis f\u00fcr die Lust an Transkriptionen und Musik mit stark folkloristischem oder improvisatorischem Einschlag scheint mir die zunehmende Vernachl\u00e4ssigung des klassischen wie auch des gewichtigeren Teils zeitgen\u00f6ssischen Repertoires bedenklich zu sein. Dar\u00fcber hinaus sto\u00dfen die bei Gitarristen so beliebten Adaptionen beispielsweise der Lautenwerke Johann Sebastian Bachs unter kritischen H\u00f6rern keineswegs immer auf dasselbe Wohlwollen, das ihnen Besucher von Gitarrenfestivals entgegenbringen.<\/p><p>Wenn man die \u00fcberlieferten Versionen der Bachschen Lautenwerke kennt und wei\u00df, wie sie auf einem Lauteninstrument dieser Zeit auszuf\u00fchren sind und klingen, muten Wiedergaben auf einem sechssaitigen Instrument in Quartenstimmung an wie der Versuch, das Wohltemperierte Klavier mit nur drei Fingern der rechten und zwei der linken wiederzugeben. Arrangements der Musik von Sylvius Leopold Wei\u00df f\u00fcr die sechssaitige Gitarre wiederum beschw\u00f6ren bei Lautenisten regelm\u00e4\u00dfig das Bild des einarmigen Pianisten herauf.<\/p><p>Bearbeitungen von Orchesterwerken wie Mussorgskys \u201eBilder einer Ausstellung\u201c f\u00fcr die Gitarre m\u00f6gen genau so legitim sein, wie Franz Liszts Klavierparaphrasen \u00fcber Wagnersche Ouvert\u00fcren. Sie rechtfertigen nach meinem Verst\u00e4ndnis jedoch ebenfalls nicht die Vernachl\u00e4ssigung des originalen Repertoires.<\/p><p>Der stark romantische Grundcharakter der \u201eklassischen\u201c Gitarre verf\u00fchrt ihre Spieler zwangsl\u00e4ufig immer wieder zu Interpretationen, die Werken aus vorromantischer Zeit nicht angemessen sind und Kenner der historischen Auff\u00fchrungspraxis befremden. Besonders bei der Wiedergabe barocker oder noch \u00e4lterer Musik fehlt es Gitarristen \u2013 ungeachtet aller technischen Bravour \u2013 oft an der erforderlichen Stilsicherheit.<\/p><p>Ungeachtet dieser Anmerkungen bin ich \u2013 als Lautenist \u2013 weit davon entfernt, abf\u00e4llige \u00c4u\u00dferungen bez\u00fcglich der klassischen Gitarre und ihrer Spieler gutzuhei\u00dfen, die sich leider allzuoft in Lautenforen finden. Diese Kritiker scheinen zu vergessen, da\u00df es Gitarristen waren, die im 19. Jahrhundert die Erinnerung an das Schwesterinstrument Laute aufrecht hielten und einen enormen Beitrag zur Weiterentwicklung von Spieltechnik und Bauweise der Zupfinstrumente leisteten. Die Renaissance der Laute im 20. Jahrhundert w\u00e4re undenkbar ohne das Engagement eines Gitarristen wie Julian Bream. Auf die Frage nach dessen Bedeutung f\u00fcr die Lautenszene antwortete Paul O\u2019Dette ebenso knapp wie treffend: \u201eOhne Bream g\u00e4be es keine Lautenszene\u201c.<\/p><h2>Weniger ist mehr \u2013 Aussichten<\/h2><p>Die schwindende Akzeptanz der klassischen Gitarre im Bereich der Klassik geht mit einer raschen \u00dcberalterung der heutigen \u201ehistorischen\u201c Lautenszene einher. Wie es scheint, hat die Spaltung in zwei unterschiedliche Berufsgruppen der Anerkennung der Zupfinstrumente im Ganzen nicht gut getan. W\u00e4re es unter diesen Umst\u00e4nden nicht klug, sich einander wieder anzun\u00e4hern und eine gemeinsame Grundlage zu finden, die es uns wie den Spielern des 17. und 18. Jahrhunderts erlaubt, sowohl Gitarrist als auch Lautenist zu sein?<\/p><p>Im Gegensatz zu den reanimierten historischen Lautenformen grenzt die Neue Laute (Liuto forte) Gitarristen nicht aus, sondern l\u00e4d sie vielmehr ein, ihre F\u00e4higkeiten auf einem Lauteninstrument und damit auch wieder in die Ensemblemusik einzubringen. Gitarristen k\u00f6nnten sich in Folge dessen ganz auf die im 19. und 20. Jahrhundert liegenden St\u00e4rken ihrer Instrumente konzentrieren ohne auf Werke aus fr\u00fcheren Epochen verzichten zu m\u00fcssen, die ihnen dank der zeitgem\u00e4\u00dfen Modelle des Liuto forte nunmehr ebenfalls ohne allzu gro\u00dfe Umstellungen ihrer Spieltechnik zug\u00e4nglich sind.<\/p><p>Die klassische Gitarre hat aufgrund ihrer spezifischen klanglichen Auslegung zu keinem Zeitpunkt einen Grad musikalischer Integration erreicht, der dem von Lauteninstrumenten wie Arciliuto, Theorbe oder Gallichon im 17. und 18. Jahrhundert vergleichbar w\u00e4re. Ihr s\u00fc\u00dfer, gedeckter Klang pr\u00e4destinierte sie zwar zum Soloinstrument, verhinderte aber gleichzeitig, da\u00df sich der gezupfte Ton im Tutti erneut h\u00f6rbar mit dem der Streicher und Bl\u00e4ser zu einem homogenen Gesamtklang verband. Dieser Umstand machte es ihr von Anfang an schwer, vollwertiges Mitglied in Konzert, Kirche oder Oper zu sein. Trotz verst\u00e4rkten kammermusikalischen Einsatzes der Gitarre durch Komponisten des 20. Jahrhunderts bleibt das grunds\u00e4tzliche Problem ihrer geringen, keineswegs nur in mangelnder Lautst\u00e4rke begr\u00fcndeten Durchsetzungsf\u00e4higkeit gegen\u00fcber anderen Instrumenten auch weiterhin bestehen.<sup id=\"fn\">1<\/sup> Diese Feststellung mu\u00df Gitarristen jedoch nicht entmutigen, denn die vielf\u00e4ltigen zus\u00e4tzlichen Einsatzm\u00f6glichkeiten, die ihnen die verschiedenen Modelle des Liuto forte im Ensemblespiel bieten, befreien ihr sch\u00f6nes Instrument von unangemessenen Verpflichtungen. Auch wenn klassische und sp\u00e4tromantische Gitarren nicht allen Anforderungen eines Ensembleinstrumentes gen\u00fcgen, bleiben sie doch - sofern man ihre nat\u00fcrlichen Grenzen respektiert - schmale, aber \u00fcberaus reizvolle, von Orchideen ums\u00e4umte Pfade.<\/p><p>Vielleicht sollten wir uns mit dem Gedanken anfreunden, da\u00df die in wechselnder Intensit\u00e4t verlaufende, eigentliche Epoche der \u201eklassischen\u201c und sp\u00e4tromantischen Gitarre die Zeit von 1800 bis etwa 1980 war. Im Hinblick auf die Erschlie\u00dfung neuer Einsatzm\u00f6glichkeiten und die Eroberung eines gr\u00f6\u00dferen Auditoriums jedoch geh\u00f6rt das Feld von der zweiten H\u00e4lfte des 20. Jahrhunderts an ganz klar den unterschiedlichen Formen elektrisch verst\u00e4rkter Modelle.<\/p><p>Ob die \u201eklassische\u201c Gitarre auch weiterhin ihren Platz im Bereich der Klassik zu behaupten vermag oder ob sie auf hohem technischen Niveau verflacht und als reizvolle Episode in die Geschichte der Musikinstrumente eingeht, k\u00f6nnte ebenso von der Einsicht in ihre Grenzen wie vom klugen Gebrauch ihrer St\u00e4rken abh\u00e4ngen.<\/p><p class=\"fn\"><sup id=\"fn\">1<\/sup> Eine m\u00f6gliche Hilfestellung zur besseren H\u00f6rbarkeit der Gitarre, insbesondere im Zusammenspiel mit Streichern, k\u00f6nnte in \"Paganinis Trick\" bestehen. (<a href=\"https:\/\/liuto-forte.de\/details\/#Stimmvarianten\">siehe unter Details\/Stimmvarianten<\/a>)<\/p><p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>","_et_gb_content_width":"","_exactmetrics_skip_tracking":false,"_exactmetrics_sitenote_active":false,"_exactmetrics_sitenote_note":"","_exactmetrics_sitenote_category":0,"footnotes":""},"class_list":["post-4517","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4517","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4517"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4517\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5210,"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4517\/revisions\/5210"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/4471"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/liuto-forte.de\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4517"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}